Villanelle

Publié le 31 juillet 2013 par Sylvie Andrieu

merci à Hervé Letellier, et à Olivier Salon pour les bivocalismes (e,i) de toute évidence !

Poésie pastorale à forme fixe, de 5 tercets et 1 quatrain, ramenant alternativement en refrain, chacun des deux vers de même rime du premier tercet et les deux ensemble dans le dernier couplet, qui devient un quatrain : AaBbCa/XaXbAa/XaXbCa/XaXbAa/XaXbCa/XaXbAaCa.

Voici 2 villanelles

Le chat retombe sur ses pieds,
Que voulez-vous, c’est contrariant,

Le pain beurré fait l’opposé
Pour faire une villanelle
Rime en ‘elle’ et rime en ‘in’

La méthode est simple et belle.
Quand sur la f’nêtre il est perché
Je me fiche qu’il tombe en s’penchant

Si le chat retombe sur ses pieds
On dispose en kyrielle
Cinq tercets, plus un quatrain,

Pour faire une villanelle
La confiture de ma mémé
Me fait plaisir en s’étalant,

Le pain beurré fait l’opposé
Sur le premier vers en ‘elle’
Le second tercet prend fin ;

La méthode est simple et belle.
Je crois qu’cette strophe va être ratée
Et tant pis pour le vers branlant

Si le chat retombe sur ses pieds
Le troisième vers, fidèle,
Alterne comme refrain

Pour faire une villanelle
L’huile d’olive bonne pour la santé,
C’est ce que disent les catalans,

Le pain beurré fait l’opposé
La ronde ainsi s’entremêle ;
L’un, puis l’autre, va son train

La méthode est simple et belle.
Qu’adviendrait-il d’un chat beurré
Que l’on jett’rait, tout en sachant

Que le chat retombe sur ses pieds

Et l’pain beurré fait l’opposé ?

Sylvie Andrieu

La dernière ritournelle
Les voit se donner la main

La méthode est simple et belle

Pour faire une villanelle.

Joseph Boulmier *

* Joseph Boulmier, à la fin du XIXe siècle, publie une villanelle qui définit sa propre forme. Celle-ci respecte par anticipation le principe de Roubaud : un texte écrit selon une contrainte parle de cette contrainte. Source oulipo

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